Surpoids et obésité de l’enfant et de l’adolescent : de quoi parle t’on ?

Définition du surpoids et de l’obésité selon l’OMS (organisation mondiale de la santé)

Le surpoids et l’obésité sont définis comme « une accumulation anormale ou
excessive de graisse corporelle pouvant nuire à la santé ».

On distingue :

L’obésité commune :

C’est l’obésité que l’on rencontre le plus souvent. Elle résulte d’une interaction entre une susceptibilité génétique et un environnement à risque.

L’obésité secondaire :

Cette obésité est rare. Elle est d’origine génétique, endocrinienne ou iatrogène.

Une pathologie qui touche davantage les foyers modestes

L’état de santé de la population française est l’un des meilleurs de l’Europe de l’Ouest, mais c’est l’un de ceux où les inégalités sociales sont les plus fortes. Selon la deuxième Etude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires (INCA2-2006-2007) la prévalence de l’excès pondéral chez les jeunes de 3 à 17 ans semble s’être stabilisé à 14% (dont 2,8% d’obèses) mais, l’obésité infantile varie également beaucoup selon les milieux. Ainsi, dans l’étude Obépi 2000 les foyers les plus modestes sont les plus touchés par l’obésité de l’enfant. De même, l’étude publiée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) du ministère de la santé en 2010 met en évidence que le recul de l’obésité (par rapport à la dernière enquête menée en 1999-2000) chez les enfants de 5 à 6 ans hors ZEP (zone d’éducation prioritaire) est de 24 % alors qu’il n’est que de 9 % au sein des ZEP

Les facteurs de l’obésité commune

Il en existe plusieurs :

Des facteurs génétiques :

Il existe une prédisposition au surpoids et à l’obésité et l’héritabilité est maintenant bien établie. Des recherches mettent également en évidence l’influence de l’épigénétique et du microbiote intestinal.

Des facteurs psychologiques :

Ils peuvent être à l’origine de l’obésité (maltraitances, carence affective, stress, angoisse…) et/ou en être la conséquence (moqueries, stigmatisation, isolement…).

Des facteurs environnementaux :

  • Les habitudes alimentaires

Les recherches ont montré l’influence des habitudes alimentaires dès le stade fœtal. Plus globalement, l’univers alimentaire a évolué depuis quelques décennies, donnant une large place à des aliments solides et liquides à haute densité énergétiques et index glycémique élevé.

  • L’activité physique et la sédentarité

L’activité physique joue un rôle dans la régulation physiologique du poids. Or nos modes de vie (transports…) et nos loisirs (écrans…) ont changé. La sédentarité constitue la principale cause de la baisse des dépenses énergétiques.

  • Le sommeil

Le lien entre réduction du sommeil et prise de poids est établi. Des recherches ont montré notamment que le manque de sommeil génère par le biais d’hormones la sensation de faim et donc des prises alimentaires.

  • Les déterminants socio économiques et psychosociaux

L’appartenance à une classe moins aisée constitue un facteur de risque d’obésité dans les pays développés. Mais au delà des indicateurs traditionnels (CSP, niveau d’études, revenus), des dimensions plus spécifiques de la précarité impactent encore plus lourdement certaines populations. Les points communs des populations vulnérables sont l’isolement social, très souvent des ruptures géographiques (migrations, rural-urbain…), et elles sont souvent elles-mêmes issues de milieux défavorisés. Leurs pathologies sont en général plus fréquentes ou à un stade plus avancé, faute de recours au soin.

Pour en savoir plus, consulter l’ouvrage « l’obésité des jeunes, faut qu’on en parle », coordonné par Véronique Nègre. Editions Canopé.